Le saviez-vous ? Quand votre drone de surveillance décolle, qui le sait ?
La semaine dernière, nous revenions sur les drones non autorisés qui ont survolé la base navale de Toulon, et sur ce qu’un site doit pouvoir raconter après un tel incident.
Cette semaine, nous retournons la question : face à ce type de menace, beaucoup de sites envisagent leurs propres drones pour vérifier une alarme. Mais quand votre drone s’allume et décolle, qui d’autre que vous le sait ? Et où vont les images qu’il filme ?
La semaine dernière, nous parlions de Toulon : des drones inconnus au-dessus d’un site sensible, et la nécessité de garder une trace claire de ce qui s’est passé. La réponse que cherchent beaucoup d’opérateurs est logique : puisque les drones sont devenus une menace, pourquoi ne pas s’en servir aussi pour protéger ? Un drone posté sur le site peut rejoindre une alarme en quelques minutes. Mais ce drone, lui aussi, laisse des traces. Et la question est de savoir chez qui.
Imaginez un gardien de nuit employé par votre site, mais qui, à chaque prise de poste, téléphonerait à l’agence qui l’a formé pour dire : « Je commence ma ronde. » Imaginez que cette agence puisse, si elle le souhaite, le rappeler pendant la ronde, lui demander ce qu’il voit, voire lui donner des instructions. Vous accepteriez peut-être ce fonctionnement pour un entrepôt. Pour un site sensible, vous voudriez au moins le savoir, et surtout choisir.
Or un drone de surveillance connecté peut fonctionner ainsi. Selon les modèles et la configuration retenue, il arrive que le fabricant du drone reçoive un signal indiquant qu’un appareil vient d’être allumé et de décoller. Selon les cas, le fabricant, ou le service qu’il propose, peut aussi se connecter à l’appareil, consulter ce qu’il filme, voire lui envoyer des ordres. Ces possibilités varient d’un produit et d’un réglage à l’autre. Elles ne sont pas toujours actives, et ne sont pas toujours connues de l’utilisateur. Et ce n’est pas une question de pays : fabricant chinois, américain ou d’ailleurs, la logique est la même. C’est une question d’architecture, pas de procès d’intention.
Quatre questions simples permettent d’y voir clair.
Qui sait que le drone décolle ? Si un tiers est prévenu à chaque vol, il peut en déduire vos horaires, vos habitudes de ronde, la fréquence de vos alertes. Ce sont déjà des informations sur votre dispositif de sûreté.
Où vont les images ? Elles peuvent être rangées sur un ordinateur installé chez vous, ou sur des serveurs situés ailleurs, gérés par quelqu’un d’autre. Dans le premier cas, vous décidez qui les consulte et qui les exporte. Dans le second, vous vous en remettez à une organisation que vous ne maîtrisez pas.
Qui peut se brancher dessus ? Un drone se pilote avec une application, comme la télécommande d’un portail. Si l’accès passe par un service distant, celui qui détient les identifiants, ou qui a prévu un accès en amont, peut potentiellement voir et agir. Si tout reste sur place, avec des accès nominatifs et un journal de ce que chacun a fait, le risque change de nature.
Que se passe-t-il si la ligne est coupée ? Si le drone a besoin d’un service lointain pour faire sa ronde, une panne d’Internet ou un incident chez le fournisseur suspend la surveillance. Il en va de même des mises à jour : comme sur un téléphone qui se met à jour dans la nuit, une nouvelle version peut modifier le comportement de l’appareil. Mieux vaut la tester avant, à la date que vous choisissez.
Est-ce acceptable pour votre niveau de sûreté ? Il n’y a pas de réponse unique. Pour un site ordinaire, un service hébergé par le fabricant peut très bien convenir. Pour un site défense ou une infrastructure vitale, la réponse doit être un choix assumé, jamais un réglage laissé par défaut. Et aucune organisation n’est à l’abri de tout risque : une installation sur site doit elle aussi être mise à jour, surveillée et vérifiée. Faire voler un drone au-dessus d’un site obéit en outre à des règles précises d’autorisation et de formation, ce qui est un autre sujet.
Une chose ne change pas : le drone apporte une image, et c’est l’opérateur qui décide de ce qu’il faut en faire.
Conclusion : C’est en partant de ces quatre questions que Komanche aborde l’association de drones à la supervision d’un site avec KSafe : les images, les droits de commande et les traces des actions restent à portée de main du client, sur son site, et chaque configuration se vérifie par des essais avant toute mise en service. L’algorithme assiste. L’humain décide.