Le prix d'une caméra ne dit pas tout ce qu'elle coûte vraiment
En mars 2026, des chercheurs de Check Point ont documenté comment des groupes travaillant pour le compte de l’Iran ont exploité des failles dans des caméras de fabricants étrangers déployées au Moyen-Orient et en Méditerranée — pour collecter du renseignement en temps réel dans le cadre du conflit israélo-iranien.
Aux États-Unis, ces équipements identifiés comme présentant un risque pour la sécurité nationale sont interdits sur les sites fédéraux depuis 2022. En France, une plainte a été déposée en 2025 contre leurs filiales françaises.
En Europe, le débat reste ouvert — mais il ne pourra pas rester ouvert indéfiniment.
Une part considérable des systèmes de vidéoprotection déployés en Europe repose sur des équipements fabriqués hors du continent. Leur rapport qualité-prix a longtemps suffi à justifier le choix. Dans beaucoup de contextes, il continue de le justifier.
Mais dans les environnements sensibles, la question du prix au mètre de câble n’est pas la bonne question. Qui contrôle réellement le firmware de ces équipements ? Qui peut y accéder à distance ? Où transitent les données qu’ils produisent ?
Ce sont des questions d’architecture et de souveraineté — pas de performance technique. Et elles se posent différemment selon qu’on équipe un parking ou une infrastructure critique.
Le débat s’ouvre en Europe, lentement. Le Parlement européen a été interpellé. Des États membres commencent à réfléchir à des cadres plus contraignants. Ce mouvement reflète une prise de conscience plus large : dans un contexte de tensions géopolitiques durables, les choix technologiques engagent bien plus que des budgets d’investissement.
C’est parce que la souveraineté technologique se joue aussi dans le choix des composants que Komanche a construit une chaîne de valeur française — fabricants, éditeurs, infrastructure — homologuée MINARM, contrôlée CEA. Pas pour des raisons idéologiques. Pour des raisons opérationnelles.